Situation géographique

Le Fion est un petit affluent de la rive droite de la Marne qui draine les eaux d'un bassin de près de 12 000 hectares entièrement situé sur les assises crayeuses dont la formation remonte à l'ère secondaire, étage dit du crétacé supérieur.

Son nom dont aucune forme latine ancienne n'est parvenue jusqu'à nous peut être rapproché de celui de plusieurs petits cours d'eau français ou suisses qui s'appellent Flon et dont l'origine s'explique par le latin flumen "cours d'eau".

La source du Fion est située à Bassu, au pied de l'église à une altitude de 145 m. Le Fion coule d'abord dans la direction sud-ouest, passe à Bassuet et atteint les abords du village de Saint-Quentin-les-Marais où il reçoit un émissaire et, après un brusque changement de direction, adopte celle de l'ouest-nord-ouest, arrosant successivement Saint-Lumier en Champagne, Saint-Amand-sur-Fion et son hameau Coulvagny, Aulnay l'Aître, Coulmiers, hameau de La Chaussée sur Marne où il va perdre ses eaux dans la Marne à une altitude de 85 m.

Sur un parcours de 22 km il reçoit, en rive droite deux affluents : La Lisse, 2 500 m et le Rû, moins long encore. Il n'y a pas lieu de négliger les eaux de la rive gauche dont le ruisseau de Saint-Quentin-les-Marais.

Le régime des eaux est bien spécifique des terrains crayeux dont la surface perméable favorise l'infiltration et dont la masse forme comme une éponge gorgée d'eau souterraine qu'elle restitue par temps sec.En moyenne La Lisse produit 30 l. d'eau à la secone, le Rû 150 l. et le Fion 600 l. En période d'étiage le débit du Fion ne descend pas à moins de 330 l. à la seconde, mais en année de hautes eaux, il peut en écouler jusqu'à 8 000.

On a pu relever le long du Fion, une quinzaine de moulins qui existaient encore presque tous au début du siècle dernier, certains convertis en huileries. Ils étaient peu nombreux, et sans doute, peu efficaces sur le haut cours du ruisseau. Au contraire sur le cours moyen où les eaux sont devenues abondantes et la pente encore forte, de nombreux biefs ont été aménagés dès le XII° siècle pour en capter la force motrice et ils étaient à peu près tous ecclésiastiques.

La Vallée du Fion, fort mince avant Saint-Quentin-les-Marais, s'élargit ensuite pour faire courir au fond des collines crayeuses un large ruban verdoyant où croissent quelques bois feuillus et surtout des peupliers souvent de belle venue.


Fontaine de Saint-Amand
Autrefois, dans toutes les vallées avoisinant Saint-Amand, il y avait un ruisseau qui venait se jeter dans le Fion. Par suite de pluies et d'orages très violents, la terre descendit des monts pour remplir les vallées (en 1740 selon les archives) On retrouve à l'ancien confluent de chaque ruisseau, une source proche du Fion.
Il y en a une au pied du mont appelé Moyotte. C'est la Fontaine au Thé. Son eau est très digestive et salutaire pour les maux d'estomac !
La source proche de l'église est nommée Fontaine St Amand. Dans sa généalogie antique, on lui retrouve un culte divin. Son origine se trouverait sous le maître-autel de l'église actuelle (selon les anciens elle sortirait d'un crâne). Avant de se jeter dans le Fion elle forme une cuvette. Cette cuvette date peut-être du temps des premiers temples.

Au hasard des ruelles on découvre le long du Fion de petites constructions en torchis. Ce sont des lavoirs.

Entre le pont de l'Eglise et le pont Mathieu on peut en apercevoir, dans des propriétés privées, sur les rives du Fion.

Le Rû

Sur le territoire de Saint-Amand-sur-Fion qui forme un quadrilatère enfermant près de 2 800 ha, l'unique affluent du Fion est un ruisselet qui serpente au fond d'une étroite vallée.. C'est pour cette raison qu'il n'a reçu qu'un nom emprunté à la série des simples appellatifs : le Rû

La vallée du Rû, aux dimensions modestes, est plutôt de la taille d'un immense écrin où, dans le velours des mousses et des lierres scintillerait un gigantesque collier de cristal : de cent cinquante à deux cent mètres de largeur tout au plus; et des sources aux "Eaux Fourchues" (confluent), il n'y a pas deux kilomètres. Mais quelle surprise de trouver là, en pays de Champagne, une magnifique futaie où croissent des hêtres à l'écorce lisse et au port majestueux, témoins peut-être d'un ancien peuplement forestier de ces vallées du bassin du Fion où l'on a coutume aujourd'hui de reconnaître surtout des plantations de peupliers.